Bernard Werber en visite en Corée

Bernard Werber en Corée du SudLa France est un pays bien apprécié par les Coréens. C’est non seulement grâce à la beauté du pays, ses monuments magnifiques, mais aussi grâce à votre belle culture et vos livres. Vous pouvez être bien fiers !

Côté personnage, les français occupent donc une place importante dans le domaine littéraire et philosophique. Dans mon cas, j’ai découvert pour la première fois la France grâce à André Gide, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, et Victor Hugo.
D’après le président de l’Institut Français en Corée, chaque année, près de 800 livres français sont traduits en Corée, et la Corée est le troisième pays qui traduit le plus des livres français dans le monde entier.

Ce qui est intéressant est que parfois un auteur français déjà connu chez vous est aussi voire encore plus célèbre en Corée. C’est justement le cas de François Lelord, l’auteur du livre « Voyage de Hector » et Bernard Werber du « Les Fourmis ». Ils ont des fans très solides et fidèles dans mon pays. (Je sais qu’ils sont aussi bien réputés en France, mais en Corée ça ne rigole pas)

Récemment j’ai découvert que Bernard Werber avait animé une conférence en Corée devant près de 5 000 personnes. Si je me souviens bien, il a dit qu’il ne peut pas imaginer ce type de situation en France. Un organisateur communique également que cette salle n’a été jamais aussi remplie !

En fait son intervention était organisée par une émission « Who am I », dans laquelle les intervenants devaient développer leurs idées sur trois sujets suivants : Qui je suis ? Comment vivre ? et Comment mourir ?

Ceux qui connaissent un peu l’histoire de mon pays savent pourquoi les coréens sont si ardents, si dynamiques et si motivés. Nous sommes un pays de petite superficie (5 fois plus petit que la France), on est également entouré des pays historiquement puissants comme la Chine, la Russie, le Japon, et les Etats-Unis qui surveillent de près les mouvements de ces pays depuis loin de l’autre côté du pacifique.

C’est un pays qui n’a jamais envahi personne, mais il n’a pas arrêté d’être attaqué tout au long de l’Histoire. Chaque fois que nous construisions, on nous détruisait. Ce n’est pas facile d’être sandwiché par des pays de plus grande taille qui ont donc plus de moyens. Notre fierté est justement le fait qu’on a réussi à garder nos traditions, culture, identité et langue malgré tout.

Rien n’était évident chez nous, on a eu beaucoup d’expériences douloureuses dans l’Histoire. Bernard Werber explique justement qu’entouré de beaucoup de dangers, les Coréens ont dû produire quelque chose de plus fort, ce qu’on peut appeler « la résilience ». Il explique ainsi notre dynamisme et notre capacité à nous adapter à de nouveaux environnements.

Il a donc parfaitement compris, et justement sa conférence était une sorte de consolation pour les Coréens qui sont visiblement enthousiasmés mais qui vivent en fait avec une grande plaie intérieure. C’est d’une part dû à notre passé difficile mais aussi à notre société dans laquelle on sent différents types de pressions, notamment sous le regard des autres. Il nous dit d’arrêter de vivre pour quelqu’un d’autre mais d’oser vivre pour nous même et nous faire plaisir !

베르나르베르베르Qui est donc Bernard Werber ? Comment se définit il ?
Bernard Werber se définit comme un homme heureux; il est un auteur qui sait changer le monde en diffusant ses idées. Les livres le rendent immortel : Il va mourir un jour mais ses livres et ses idées continueront à vivre. Les livres sont donc des outils puissants qui lui permettent de transmettre ses idées dans tous les territoires, sans limite de temps ni de distance.

Comment vivre ?
En expliquant que chacun de nous n’est pas né au hasard et qu’on a une raison précise d’être apparu sur terre, il nous dit qu’il est important de savoir pourquoi on est né et trouver ce qu’on doit faire sur terre.
D’après Bernard Werber, une vie ratée, c’est quand on n’a fait des choses que pour faire plaisir aux autres, mais jamais pour soi même. Un exercice efficace qu’il a proposé était de réaliser la liste des 10 choses qui font plaisir à soi même, et de la mettre en pratique. La vie est une affaire avec soi même.

Comment mourir ?
D’abord il a un peu rigolé, car cette question est très asiatique. En France personne ne lui poserait ce type de question. Selon lui, bien mourir signifie « donner un sens à sa vie ». Réussir ou pas, peu importe, mais si on a fait tout ce qui était possible pour réaliser ce qu’on veut, alors on pourra mourir sereinement.

Pendant le temps de questions&réponses, beaucoup de coréens s’intéressaient à ses sources de créativité. Cette partie va être sans doute présentée chez InspiredMelodies.com dans la section « Pensées ».
Pour ceux qui souhaitent voir sa conférence (animée en Français/sous-titrée en Coréen), je partage la vidéo ci-dessous. Il était étonné de voir 5000 personnes réunies pour lui, et par la qualité de l’audience !